Sur le Rôle Historique du Leadership Spirituel de la Communauté Druze des Monothéistes à Swaida

INTRODUCTION ÉDITORIALE
La revue « Intellectual Swaida» présente ce dialogue comme éditorial d’ouverture de son premier numéro, à un moment qui exige une grande précision et une rigueur méthodologique pour comprendre les structures profondes de la société druze à Swaida et les rôles de ses institutions spirituelles. Cette rencontre avec le Chef Spirituel de la Communauté Druze des Monothéistes à Swaida, Son Éminence le Cheikh Ḥamoud Yaḥya al-Ḥanawi, place entre les mains des chercheurs et des intéressés un matériel rare qui illumine l’histoire du Leadership Spirituel (Mashyakhat al-‘Aql) à Swaida, son statut juridique, et ses fonctions sociales et éthiques. Il présente également une perspective analytique sur la trajectoire des relations entre l’autorité religieuse, la société et l’État à travers les différentes périodes historiques.
Ce dialogue vise à ouvrir une fenêtre approfondie sur l’identité de cette institution et son rôle dans la préservation de la cohésion sociale, en mettant en évidence comment les normes et les structures organisationnelles spirituelles se sont formées dans des contextes historiques et politiques changeants. Il constitue une partie d’un projet plus large du magazine qui cherche à présenter un contenu de savoir fiable fondé sur un examen critique de l’histoire locale et de la réalité, et il prépare le terrain pour la production de futures recherches rigoureuses sur Swaida et sa société.
L’équipe du magazine a contacté Son Éminence le Cheikh Ḥamoud al-Ḥanawi le 1er décembre 2025 et lui a soumis une série de questions, auxquelles Son Éminence a gracieusement répondu. Ce qui suit est le texte intégral de la réponse de Son Éminence portant le numéro de référence : 3025 (Numéro 352), daté du 10 décembre 2025 EC.
Au Nom de Dieu, le Miséricordieux, le Clément
Le Leadership Spirituel de la Communauté Druze
Swaida – Le Village de Sahuwa Balata
INTRODUCTION
L’être humain est un dessein divin, et les sociétés humaines relèvent du cours de la vie, du mouvement du temps et du cycle de l’éternité. La genèse cosmique a commencé par l’habitation de la terre et la succession des générations. La communauté des Druze Monothéistes appartient à cette procession humaine qui s’est engagée dans une voie de développement, s’établissant dans un coin distinct de ce globe terrestre en poursuivant une identité fondée sur des attributs et des caractéristiques qui manifestent la personnalité et la distinguent, devenant connue à travers le temps, le lieu et la succession des générations.
Ainsi, la communauté druze, dans sa trajectoire civilisationnelle, a cherché à assurer sa continuité en établissant des institutions qui organisent les affaires de sa vie sous la forme d’autorités suprêmes et de leaderships dotés de la personnalité juridique. Au premier rang de celles-ci figurait le Leadership Spirituel de la Communauté (Mashyakhat al-‘Aql).
LE CONCEPT DU LEADERSHIP SPIRITUEL
Le Leadership Spirituel (Mashyakhat al-‘Aql) est une autorité suprême et héritière de l’Imamat, tenant fermement l’essence d’une doctrine fondée sur des principes immuables construits sur la connaissance de l’existence, de la causalité et de la raison. Car l’être humain est un dessein divin, doté de la bénédiction de l’intellect, de la pensée et de la parole, et équipé de la sagesse suprême pour porter le dépôt du message confié à la conscience, à la loyauté et à l’engagement par des états de foi.
Partout où notre communauté s’est trouvée, elle a cherché les moyens de son existence et l’organisation de sa vie comme les cellules d’une ruche. Ainsi a émergé le Leadership Spirituel, cette autorité unique distinguée par sa subtilité et son expertise dans ses responsabilités. Cette réalité nécessite un aperçu historique.
UN APERÇU HISTORIQUE
Les Druze Monothéistes ont habité les terres du Levant (Syrie, Liban, Palestine et Jordanie), avec la plus grande concentration résidant dans le gouvernorat de Swaida (Jabal al-‘Arab). La migration de masse, menée par le Prince ‘Alam al-Din al-Ma’ani, a commencé en 1685 EC. Ils représentent un arbre béni dont les racines se trouvent dans la Vallée du Nil, où le Califat fatimide s’est épanoui, et dont les branches s’étendaient aux territoires du Levant. De là, des groupes se sont installés dans le gouvernorat de Swaida jusqu’à ce que sa population atteigne des centaines de milliers de cette élite communautaire. Ils se sont également installés à Damas et sa région, à al-Quneitra, à Jabal al-Samaq et dans les terres de la diaspora ; cependant, le gouvernorat de Swaida devint la majorité écrasante de la population druze. En conséquence de ce règlement, et en conformité avec les pratiques coutumières de la communauté, le Leadership Spirituel s’est formé par la reconnaissance constitutionnelle du statut de la communauté et de la liberté de croyance, en vertu de laquelle des décrets législatifs et des décisions officielles ont été émis.
PREMIÈRE QUESTION
Quand le Leadership Spirituel a-t-il été établi ?
Réponse : Suite à l’établissement dans le gouvernorat de Swaida, et après la mort du Cheikh Ibrāhīm al-Ḥijrī en 1256 AH/1840 EC, tel que documenté dans la succession des Chefs Spirituels enregistrés dans le livre Jabal al-‘Arab, une thèse académique vérifiée par le Dr. al-Ba’ini (Appendice pages 452/453).
La communauté, représentée par ses notables spirituels, temporels et administratifs, a unanimement reconnu le Cheikh Ḥussain Ibrāhīm al-Ḥijrī, le Cheikh Abu Ali Qassam al-Ḥanawi, le Cheikh Aḥmad Jarbu’, et le Cheikh Shihab Abu Fakhr comme Chefs Spirituels (Shuyukh al-‘Aql). Cela constituait le premier Leadership Spirituel du gouvernorat de Swaida. Cette formation a continué, bien que la lignée Abu Fakhr n’ait pas perduré, ayant été assignée à la magistrature religieuse pour une seule période par la suite. Ainsi, le Leadership Spirituel a continué à travers ces trois familles (al-Ḥijrī, Jarbu’, et al-Ḥanawi) et persiste jusqu’à ce jour.
DEUXIÈME QUESTION
Existe-t-il une loi officielle, un décret ou une décision officielle ?
Réponse : Pendant la période ottomane, des décrets impériaux (Farmanāt) étaient émis du Sublime Porte ou du Gouverneur de Damas selon les réglementations ottomanes. Cette pratique a continué pendant le mandat français par l’émission de lois tout au long de leur période de règne, qui était caractérisée par l’instabilité politique.
Concernant l’ère des gouvernements nationaux, toutes les constitutions émises en Syrie à travers ses différentes périodes, à notre examen, ont reconnu la liberté de croyance et les caractéristiques des sectes et des composants du peuple syrien, qui sont fondées sur le pluralisme. Cette reconnaissance a commencé avec la Constitution Hachémite à l’époque du Faisal et l’établissement du Royaume syrien, qui fut de courte durée. Cependant, cette constitution est restée un point de référence pour les constitutions ultérieures des régimes républicains. Par exemple, la Constitution Hachémite stipulait : « La liberté de croyance et de religion ne doit pas être violée. »
Article 14 : Concerne l’administration des tribunaux religieux et des conseils sectaires qui jugent conformément à leur jurisprudence respective en matière de statut personnel et de droit sectaire.
À la lumière de toutes les constitutions, les lois et les décisions ont été émises selon les exigences des circonstances.
Un exemple en est la Décision No. (60 L.R.) émise le 13 mars 1936 EC, qui contenait le système des sectes, déterminait leur reconnaissance, et les définissait selon leurs systèmes personnels juridiques et leurs fondations historiques.
Un autre exemple est le Décret Législatif émis par le Président de la République No. (174) daté du 22 octobre 1949 EC, comprenant dix articles. L’Article Neuf de ce décret considère le (Majlis al-Iftāʾ) Conseil de Jurisprudence (le Leadership Spirituel) comme composé des honorables Ibrāhīm al-Ḥijrī, Aḥmad Jarbu’, et Yahya al-Ḥanawi. En cas de vacance ou d’incapacité de tout membre, son successeur devra être choisi.
Concernant les affaires de statut personnel de la communauté druze, l’Article (307) stipulait la capacité juridique des deux époux, la validité des contrats de mariage, l’interdiction de la polygamie, l’irréversibilité du divorce, et la compétence en matière de fiançailles, de mariage, de divorce et de testaments.
TROISIÈME QUESTION
Existe-t-il en Syrie un cadre juridique similaire à celui appliqué au Liban concernant la réglementation du Leadership Spirituel ?
Réponse : Il existe en Syrie un cadre juridique similaire à celui du Liban, qui est consonant dans son essence car il englobe un seul système sectaire. Cependant, il diffère dans les procédures et certains détails, ainsi que dans les méthodes de sélection, les pratiques coutumières, les lois, la reconnaissance formelle et les procédures de succession suite à une vacance. Cette différence découle également de la nature du système politique au Liban, qui est fondée sur la représentation sectaire, tandis que le système politique en Syrie est fondé sur des structures institutionnelles soumises à la transformation.
QUATRIÈME QUESTION
La Syrie possède-t-elle un organisme spirituel officiel pour la communauté druze similaire à celui existant au Liban ?
Réponse : Il existe quelque chose d’analogue, bien qu’avec des différences significatives qui ne peuvent être aisément comparées en raison de la divergence des systèmes politiques, comme nous l’avons expliqué précédemment dans le paragraphe antérieur.
CINQUIÈME QUESTION
Quelles sont les tâches principales que le Leadership Spirituel accomplit aujourd’hui ?
Réponse : Le Leadership Spirituel a joué un rôle substantiel dans la vie de la communauté en raison des responsabilités qui lui ont été confiées. Son rôle n’a pas été limité au soin des seuls membres de la communauté ; il s’est étendu au bien-être de tous les citoyens du peuple syrien. Cela découle du statut des Chefs Spirituels, dont la présence est devenue indispensable, particulièrement en l’absence de relations facilitées, ce qui a ouvert le champ au Leadership Spirituel pour exercer son rôle dans la vie communautaire et dans la vie syrienne dans son ensemble. Il a réalisé le respect mutuel avec le tissu social syrien en général, particulièrement suite à la guerre civile depuis 2011 EC. Son rôle a eu un impact substantiel dans l’établissement de la paix civile et la résolution des problèmes que la communauté a affrontés dans ces circonstances difficiles.
Conformément au système spirituel de la Communauté Druze des Monothéistes, les Chefs Spirituels exercent les autorités suivantes :
- Émettre des avis juridiques (Fatāwā) sur les questions de jurisprudence druze.
- Exercer les autorités religieuses suprêmes concernant la Communauté Druze et émettre des directives et des interdictions ; nommer des officiers autorisés pour conduire les contrats de mariage et les prières funéraires ; et nommer des commissions responsables de l’administration des lieux de culte, des sites sacrés, et des fondations religieuses (Awqāf).
- Superviser et administrer les fondations religieuses et les propriétés communautaires.
- Ratifier, collectivement ou individuellement, tout document de nature officielle.
SIXIÈME QUESTION
Comment la société druze de Swaida considère-t-elle le rôle du Leadership Spirituel dans sa vie quotidienne à Swaida ?
Réponse : La communauté druze est intimement liée au Leadership Spirituel car leur mode de vie et toutes leurs affaires ont été liés à cette autorité. Ils se sont habitués à frapper à ses portes sans réserve, jour et nuit—une pratique volontaire sans égal. Toutes leurs circonstances et problèmes, ainsi que leurs affaires publiques, privées, religieuses, sociales et juridiques sont résolus par l’intermédiaire de cette autorité. Elle est devenue partie intégrante de leurs vies, au point que les institutions juridiques et les tribunaux ont recours à eux pour la résolution des litiges. Elle est devenue une autorité de référence coutumière, tribale et civile dans toutes les questions financières, le mariage, le divorce, les accords de réconciliation, et l’établissement de la paix civile. Cela a été le cas pendant des siècles.
SEPTIÈME QUESTION
Quelle est la signification de l’affiliation sectaire pour vous, et comment ce sens se reflète-t-il dans la vie des gens ?
Réponse : Un être humain s’inscrit naturellement dans de multiples formes d’affiliation, y compris l’affiliation religieuse, confessionnelle, sectaire, nationale et patriotique. Nous adhérons à ces affiliations et leur accordons le respect et l’engagement qui l’est dû. Notre existence sectaire est inséparable de notre appartenance patriotique. Nous avons consacré notre affiliation sectaire et notre identité communautaire pour constituer une partie de la nation, et nous avons pris orgueil dans nos caractéristiques éthiques et nos positions afin de servir de bon exemple à tous.
HUITIÈME QUESTION
Comment la coutume contribue-t-elle à réguler les relations sociales et à résoudre les litiges au sein de la communauté ?
Réponse : Notre société est une société coopérative, et comme toutes les autres, elle connaît nécessairement l’accord et le désaccord. C’est une société idéale et intégrée ; par conséquent, le Leadership Spirituel joue un rôle crucial dans la résolution des litiges, la promotion de la paix civile, la cicatrisation des divisions, et l’adresse des questions selon leurs circonstances spécifiques afin d’établir une vie sécurisée conformément aux nobles coutumes et traditions qui gouvernent la résolution des vendettas, l’accomplissement des droits, la préservation de la dignité humaine, et l’enlèvement de l’injustice aux lésés. Nos coutumes et traditions sont des constitutions éthiques et des systèmes que nous avons hérités, et ils sont tenus comme sacrés par tous.
NEUVIÈME QUESTION
De votre point de vue, quel est le rôle des coutumes et traditions dans le renforcement de l’identité de la communauté druze et de sa cohésion ?
Réponse : En tant que société druze, nous nous sommes distingués par des caractéristiques exemplaires dans lesquelles notre identité s’est manifestée. Celles-ci incluent l’élévation au-dessus des questions triviales, la préservation des coutumes et traditions, la tolérance et le respect mutuel. Cela a contribué à la cohésion de la communauté, particulièrement du fait que le principe d’enjoindre le bien et d’interdire le mal (al-Amr bi-al-Ma’rūf wa-al-Nahī ‘an al-Munkar) a cultivé en nous, en tant que société idéale, une culture de coutume et de nobles traditions dont nous tirons fierté devant les nations pour leur beauté. C’est ce qui assure l’unité de propos et la prévalence d’une vie sécurisée pour tous.
DIXIÈME QUESTION
Comment la connaissance monothéiste et coutumière est-elle transmise aux nouvelles générations au sein de la communauté ?
Réponse : La connaissance monothéiste possède des caractéristiques littéraires qui ne peuvent être réalisées par son chercheur que par une préparation adéquate pour accepter ses sens, qui ne peuvent être compris que par le principe de la pensée saine dans un esprit sain. Cela ne peut être réalisé que par la pureté spirituelle, que le chercheur atteint selon son niveau et l’affinement spirituel dont il est caractérisé.
L’éducation monothéiste dépend de l’effort sincère de l’individu et de sa réactivité à ses concepts, particulièrement du fait que le mélange culturel et l’éducation fournie par les institutions gouvernementales ont rendu le message monothéiste dépendant de l’éducation familiale et de la communauté monothéiste elle-même. Souvent, le rôle est rempli par les cercles d’étude religieuse et les maisons de culte. Cela a poussé le Leadership Spirituel et les corps religieux à diriger leurs efforts vers des activités privées au sein des institutions sectaires pour disséminer l’éducation monothéiste parmi ses membres et pour canaliser cette éducation vers l’éthique et la conduite qui construisent correctement la communauté monothéiste pour une vie vertueuse.
ONZIÈME QUESTION
Est-il correct que le Leadership Spirituel tente de trouver un chemin intermédiaire pour préserver la communauté et éviter toute confrontation ou représailles des autorités ?
Réponse : Le meilleur des questions est la voie intermédiaire, et la modération est un état d’esprit. Celui qui se tient sur la vérité ne dépasse pas sa station et traite avec honnêteté et fidélité ; par conséquent, il ne craint pas la critique au service de la vérité. Malgré ce que notre communauté a enduré depuis sa création—l’injustice, la transgression, la marginalisation, les accusations d’hérésie, le meurtre, voire le génocide tel que cela nous est arrivé récemment—notre histoire et nos positions restent telles que nous ne pouvons-nous conduire que selon les attributs et caractéristiques pour lesquels nous sommes connus. Ceux-ci sont les fondations de la vie et de l’existence pour nous, et la modération reste une position de vérité et une balance de justice.
DOUZIÈME QUESTION
Comment le Leadership Spirituel a-t-il traité avec les autorités à travers son histoire, de l’époque ottomane, en passant par la période du mandat français, au règne du Ba’ath jusqu’à nos jours ?
Réponse : La Syrie, en vertu des événements historiques, est un pays d’invasions et de conflits en raison de sa localisation et de sa nature. Pendant les périodes nationales, elle a été un pays de coups d’État et de transformations. Elle n’a pas connu la stabilité dans la gouvernance, qui est le fondement de la terre et la clé de la sécurité des peuples—une gouvernance fondée sur les autorités législative, exécutive et judiciaire dont l’objectif est de protéger le peuple par la justice constitutionnelle et la loi.
Nos rapports avec ces ères dépendaient de leur engagement envers ces principes. Quand des violations se sont produites, nous les avons combattues et les avons ramenées à la raison. Nous avons sacrifié des milliers de martyrs, et l’histoire témoigne pour nous, et la victoire a été notre alliée par la grâce de Dieu.
TREIZIÈME QUESTION
Quel conseil offrez-vous aux chercheurs et aux étudiants concernant les affaires druzes, particulièrement les Druzes de Swaida ?
Réponse : Selon notre loi et nos concepts, nous donnons la priorité à la sagesse et à la raison, et cela nous conduit à un conseil sincère. Ce que nous disons aux chercheurs à tous les niveaux, et particulièrement du fait que j’ai été un enseignant qui ai consacré ma vie aux étudiants du savoir à tous les stades, est ceci : La connaissance est un dépôt sacré, et la plume est la conscience de l’écrivain et son instrument de justice. La poursuite de la connaissance est une obligation pour ceux qui comprennent, et son fruit est la pensée consciente et le jugement sain par un esprit sain. La recherche représente les plus hauts degrés atteints par les pionniers du savoir et de la science et de la spécialisation.
Et en conclusion, je vous souhaite le succès et la guidance dans la quête de la vérité. J’exhorte chaque étudiant du savoir et chercheur à être exemplaire dans sa conduite, fidèle dans sa recherche, et à écrire et enquêter loin de la subjectivité. Car les sciences sont portées par leurs vérités ; elles sont des trésors que les générations futures hériteront. Quant aux étudiants du savoir et aux chercheurs parmi notre peuple, je les exhorte à étudier l’histoire de leurs pères et ancêtres, car c’est un héritage noble et glorieux qui doit être placé devant les générations futures.
Nos remerciements s’étendent à vous pour le travail que vous entreprendrez concernant notre patrimoine, qui est un message pour le peuple du savoir, et nous sommes prêts à coopérer avec vous.
Et Dieu accorde le succès.
Que la paix et la miséricorde de Dieu et ses bénédictions soient sur vous.
Chef Spirituel de la Communauté Druze des Monothéistes
Ḥamoud Yaḥya al-Ḥanawi
NOTE DE LA RÉDACTION
Les réponses de Son Éminence le Cheikh Ḥamoud Yaḥya al-Ḥanawi révèlent les caractéristiques d’une institution spirituelle historiquement enracinée, qui a réussi à maintenir sa présence et sa fonction malgré les transformations politiques que le pays a subi. Il devient apparent à travers ce dialogue que le Leadership Spirituel n’est pas simplement une autorité religieuse, mais plutôt un cadre socio-coutumier capable d’accomplir les rôles de médiation, d’établir la paix civile, et d’organiser les relations au sein de la communauté, le rendant un modèle important pour l’étude de l’interaction entre les coutumes locales, la légitimité religieuse et la loi formelle.
Cette perspective non seulement contribue à documenter l’expérience historique de la communauté druze à Swaida, mais ouvre également de nouvelles questions de recherche concernant la nature de l’autorité spirituelle, les limites de son influence, et ses rôles futurs dans un paysage social et politique complexe. Ainsi, ce dialogue constitue un ajout qualitatif à l’effort de recherche que le Magazine Intellectuel Numérique de Swaida cherche à établir, se positionnant comme un espace analytique qui unit la perspective académique à la mémoire locale.
Publié après révision et approbation de l’invité.
Swaida Intellectual Digital Magazine 1, 2026, ISSN: 3099-3172 (online)

